La vie sur les routes


Je sais que certains se demandent à quoi ressemble une vie en camping-car, voici donc un petit ficus sur notre logistique ! En gros, c’est facile : tu trimballes ta maison partout avec toi, tu as tes affaires sous la main, tes repères, ton cocon. Et tu amènes tout ça au plus près de la nature, dans des endroits magnifiques... Bref, le pied !

Côté pratique c’est assez simple (grâce à Mora mora) : juste besoin de faire le plein d’essence (souvent !), et d’eau (moins souvent car nous avons de grosses réserves, tous les 4/r jours environ). Globalement, l’eau est assez facile à trouver, ça n’a jamais été une mission. Nous n’utilisons aucun produit chimique dans l’eau, juste du savon de marseille ou du bicarbonate de soude, donc pas trop de problème non plus pour vidanger un peu partout (pas n’importe où non plus, hein !!).

L’électricité 12v est alimentée par les panneaux solaires, et les conditions climatiques que nous avons rencontrées jusque là nous ont permis de ne jamais manquer. Nous rechargeons de temps en temps l’ordinateur en 220v quand nous nous posons sur un spot avec électricité (à la ferme, chez l’habitant, en camping), mais nous utilisons majoritairement des appareils chargeables en 12v par prises USB. Et en cas de grande nécessité, on a un convertisseur 12/220v qui sert à charger les rares appareils non compatibles avec le 12v (ordinateur, enceinte Bose et veilleuse des enfants). 

Pour ce qui est des toilettes (désolée, mais c’est un vrai sujet pour tout vanlifer ou autre camping-cariste !) nous avons des toilettes sèches. Un seau, un sac compostable, de la sciure (qu’on achète en animalerie) et hop, le tour est joué ! On jette nos sacs dans des poubelles, si possible de déchets organiques mais nous en avons malheureusement assez peu croisé. 

Le gaz (une bouteille de GPL remplissable à la pompe et une bouteille de propane) nous tient plusieurs semaines. Le gaz nous sert à alimenter le frigo quand on ne roule pas, et à chauffer l’eau, le four, les plaques. Nous avons eu besoin de chauffage seulement 3 fois depuis notre départ. 

Tous les 15 jours, on fait une lessive. On avait prévu un bidon pour y faire la lessive mais au final on a assez de fringues pour tenir (tu sais la loi qui dit que tu emportes toujours 80% de fringues en trop en vacances ? Et bien pour un an en camping-car, c’est vrai aussi !!) et puis, c’est quand même plus simple, une bonne vieille machine ! Du coup, on va en laverie ou au camping (et en Suède, sur les marinas, beaucoup plus sympa !).

Enfin, pour l’alimentation, on a des grands placards et un vrai grand frigo, donc on fait des pleins de loin en loin, qu’on complète (notamment pour les fruits et légumes) au gré de nos pérégrinations. Oui, parce qu’il y a quand même des contraintes, notamment on est gros. Mais genre vraiment ! Donc on évite les centre villes et on se gare plutôt sur des parkings. Bref, oublie les petites échoppes de la ruelle du village, et bonjour Lidl ! En même temps, à cinq, autant faire des réserves si on ne veut pas passer notre temps à faire des courses... 

Quant à la cuisine, il faut l’avouer on fait simple. Non pas qu’on ne puisse pas cuisiner, on a tout ce qu’il faut, même un four ! C’est juste qu’on est cinq dans petit, qu’on n’a pas nécessairement envie de tout déballer pour se lancer dans de grandes préparations. Et puis, depuis notre départ on a plutôt chaud, alors la salade composée est vite devenue notre meilleure amie !

Pour le rangement, c’est rapide : nous avons peu de choses et largement assez de place pour les ranger (enfin une maison où l’on ne perd pas nos affaires...). Enfin, faire le ménage de 15 m2 est limite jouissif ! 

Nous avons 4 couchages fixes, plus un qui demande environ 30 secondes de manutention quotidienne, donc pas trop de prise de tête de ce côté-là non plus. 

Finalement, les points négatifs de ce camping-car sont plutôt liés à notre taille. Elle nous limite dans l’accès à certains spots, nous rend peu discrets si le camping sauvage est juste toléré et nous décourage d’aller tenter des pistes vraiment trop roots. 

L’autre difficulté, c’est la mécanique. Entre un porteur hyper sollicité par le nombre de kilomètres parcourus et par le poids qu’il doit supporter, et une cellule soumise à l’épreuve des vibrations (voir plus selon l’état des routes) et de la vie à 5, Mora mora a régulièrement besoin d’entretien. Rien de bien grave ni de trop contraignant pour le moment, c’est juste que nous avions sûrement sous-estimé cet aspect-là. 

Voilà pour la logistique. Et nous là-dedans ? Pas de doute, on se sent bien dans cette vie ! Libres. Confortables. On roule maximum deux heures par jour et de moins en moins. Les écrans sont autorisés pendant qu'on roule : c'est bien sûr dommage de passer à côté de jolis paysages, mais ça améliore la fluidité des trajets et ça nous libère de toute tentation le reste du temps. Chaque jour ou presque, on cherche un spot (souvent on trouve sans souci, rarement on galère un peu), on s’y pose, on explore les environs. Quand on est vraiment bien, on reste deux ou trois jours et on savoure. On vit dehors et on aime ça, on s'initie aux joies du grand air dans des environnements tous plus beaux et riches de découvertes les uns que les autres.

Et puis on apprend (facilement, je dois le reconnaitre !) à se laisser porter : pas d’impératif, pas de planning. On fait des petites randos découvertes, on se baigne beaucoup, on pêche ici et on grimpe là, on lit, on joue... On visite ce qui nous fait envie aux alentours, mais là encore, aucune obligation. On est passé à côté de nombreux parcs/musées/monuments en tous genres qui valaient certainement le détour, mais tout voir et tout faire n’est pas le but de ce voyage. Nous sommes là pour prendre notre temps et écouter nos envies au jour le jour ! Et, ma foi, pour le moment ça nous réussit plutôt bien...








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